Introduction
Alors que Donald Trump entame un second mandat aux accents de plus en plus autoritaires, les dirigeants européens semblent adopter une posture de soumission calculée. Flatteries diplomatiques, silences embarrassés, compromis à peine voilés : la diplomatie européenne semble s’incliner devant un homme qui, aux États-Unis, démantèle les contre-pouvoirs, discrédite ses propres institutions et tient des discours incohérents. Cet article croise deux constats : le dérèglement inquiétant du pouvoir exécutif américain, et la réaction affligeante de l’Europe, entre peur, stratégie et renoncement.
Il faut cesser de se mentir. Donald Trump n’est pas un homme d’État classique, ni même un dirigeant populiste au sens traditionnel. Il est un phénomène pathologique, politique et médiatique à part entière. Narcissique, incohérent, autoritaire, il incarne une dérive majeure de la démocratie. Et pourtant, il est traité par une partie des médias – notamment français – avec une indulgence consternante, voire une admiration morbide.
1. Trump : discours incohérents et confusion cognitive
Depuis plusieurs années, Donald Trump multiplie les discours abscons, incohérents, voire contradictoires. Des linguistes et psychiatres ont relevé des indices de dégradation cognitive : phrases incomplètes, contradictions internes, glissements de sujet, absurdités rhétoriques. Voici quelques exemples récents, tous vérifiables :
— « They [Ukraine] may make a deal. They may not make a deal. They may be Russian someday, or they may not be Russian someday. But I want this money back. » [wikipedia.org]
— « I don’t think [Zelensky] is very important to be at meetings… You should have never started it. » [wikipedia.org]
— « They’re like two children fighting in a park. » (à propos de la guerre Russie-Ukraine) [The Guardian / YouTube]
— « Nobody knows more about technology than me. Maybe except the people who invented it. But I understand it better. » [CNN, 2016]
— « I alone can fix it. » [Discours d’investiture, 2016]
— « Wind turbines cause cancer. » [Rally, 2019 – fact-checked by multiple sources]
Les discours de Donald Trump sont confus, contradictoires, souvent absurdes. Il affirme une chose et son contraire dans la même phrase, enchaîne des mots sans logique, répète des superlatifs creux. Cela dépasse la stratégie : c’est le signe d’un fonctionnement cognitif altéré. Et pourtant, certains journalistes osent encore y voir de l’instinct ou de la sincérité. C’est une insulte à la pensée.
2. Le démantèlement des contre-pouvoirs américains
Trump ne se contente pas de discours. Il agit concrètement pour neutraliser les institutions censées équilibrer le pouvoir présidentiel. Il a nommé à la tête des agences fédérales des figures loyales mais incompétentes, a limogé des généraux critiques, méprisé les services de renseignement, et discrédité la justice. Ce démantèlement organisé vide la démocratie américaine de ses garde-fous.
3. L’Europe tétanisée : entre soumission et cynisme
Face à cette dérive, les dirigeants européens choisissent la prudence, voire la servilité. Mark Rutte, futur secrétaire général de l’OTAN, s’efforce de flatter Trump pour maintenir l’unité de façade. Emmanuel Macron reste silencieux, l’Allemagne temporise. Poutine, lui, ne cache plus son admiration pour Trump, dans une logique de convergence autoritaire. Les institutions européennes, censées porter un projet démocratique fort, semblent paralysées par la crainte de représailles économiques, militaires ou diplomatiques.
4. Une instrumentalisation de la compassion
Quand Trump glisse un mot sur les victimes de Gaza, il n’exprime pas une empathie authentique : il calcule. Il mesure l’effet sur l’opinion publique mondiale. Mais aussitôt, il réaffirme son soutien total à Netanyahou, allant jusqu’à contester le droit même d’Israël à juger son Premier ministre. Trump ne défend pas les peuples. Il défend les hommes forts, à commencer par lui-même.
5. Une menace contre toute justice
Trump s’attaque aux juges, aux généraux, aux institutions de son propre pays. Il conteste les décisions de justice comme s’il était au-dessus des lois. Il ne reconnaît que l’autorité qui le sert. Le reste n’est pour lui que corruption ou trahison. C’est un pouvoir délirant, sans limites. Et c’est cela que les démocraties européennes feignent de respecter.
6. La complaisance médiatique est une complicité
En France, certains journalistes deviennent des relais inconscients de cette dérive. Pascal Praud, Pascal Brunet et d’autres sur les plateaux de BFM ou LCI évoquent Trump avec un ton faussement admiratif, refusant de voir l’évidence : cet homme ne défend ni la vérité, ni la justice, ni la paix. Ils participent à la banalisation du pire.
Conclusion
Non, Trump ne peut pas être pris au sérieux comme un président. Mais oui, il faut le prendre au sérieux comme un danger systémique. Sa parole n’est pas politique : elle est toxique. Sa stratégie n’est pas étatique : elle est destructrice. Et tant que les démocraties s’inclineront devant ce miroir grimaçant de leur propre faiblesse, elles s’enfonceront dans le renoncement. Il faut nommer le mal, sans détours ni prudence inutile.
La présidence Trump n’est plus seulement un problème pour les États-Unis : elle devient une menace structurelle pour l’équilibre mondial et pour les démocraties européennes. En acceptant les règles du jeu fixées par un dirigeant instable, incohérent et autoritaire, l’Europe perd son autonomie, sa voix, et peut-être sa raison d’être. Il est urgent que les responsables politiques européens retrouvent le courage de dire non, de poser des limites, et de défendre une vision du monde fondée sur le droit, la vérité et la solidarité.