Je n’imaginais pas vivre assez longtemps pour entendre, dans la bouche d’un président, un mensonge aussi absurde, aussi grossier, prononcé avec autant d’assurance : que l’Ukraine aurait attaqué la Russie. Et pourtant je l’ai entendu. Non pas murmuré dans une arrière-salle, mais proclamé publiquement, fièrement, comme une vérité alternative.
Et le plus effrayant n’est pas tant l’homme qui ment, mais ceux qui l’écoutent et l’approuvent. Ceux qui applaudissent, ceux qui s’en amusent, ceux qui trouvent cela « malin », « efficace », « normal ». Le mensonge est devenu un outil banal, une arme de communication. Il ne cache plus la vérité : il la remplace.Je ne suis pas célèbre. Je ne suis pas influent. Je ne parle pas depuis une chaire ni un plateau télé. Je suis un homme parmi d’autres, un témoin parmi des millions. Mais je refuse de me taire. Refuser d’avaliser, c’est déjà une manière de résister. Écrire, même dans le désert, c’est croire qu’un jour quelqu’un lira.