On nous vend depuis des décennies le modèle américain comme l’incarnation suprême de la liberté. Mais de quelle liberté parle-t-on vraiment ? Celle d’acheter une arme de guerre au supermarché ? De proférer n’importe quelle haine sous couvert du premier amendement ? Ou celle de dicter au reste du monde ce qu’il peut faire avec ses propres armes, son économie et même ses mots ? L’humiliation faite à l’Ukraine par les États-Unis n’est-elle pas un symbole de trop ?
1. La liberté d’expression sans responsabilité
Les États-Unis érigent la liberté d’expression comme un pilier sacré. Mais cette liberté est aussi celle d’Alex Jones, des négationnistes du climat, des complotistes violents, ou encore des suprémacistes blancs. À trop sacraliser le droit de dire n’importe quoi, on oublie le devoir de vérité et la responsabilité collective. La haine et les fausses informations circulent librement, alimentant les divisions, la violence et la paranoïa.
2. La liberté d’armer… mais pas d’utiliser
Les livraisons d’armes américaines sont conditionnées, surveillées, bridées. Même des alliés proches comme l’Ukraine ou Israël ne peuvent les utiliser librement selon leur propre stratégie militaire : les clés, les codes, les munitions sont souvent entre les mains du fournisseur. Imagine-t-on un garagiste qui vous vend une voiture en gardant la clé de contact et en vous dictant l’itinéraire ? Le contrôle technologique devient un instrument de domination stratégique.
3. L’extraterritorialité du dollar : la domination monétaire comme instrument politique
Utilisez le dollar, et vous êtes dans le giron juridique américain. Sanctions, embargos, poursuites judiciaires : Washington impose ses lois au monde entier sous prétexte de sécurité ou de morale. Une liberté à sens unique. L’Europe, l’Iran, la Chine, et même certains alliés occidentaux en ont fait les frais. Et pourtant, peu osent s’en affranchir.
4. L’humiliation en Turquie : un symbole brutal
La mise à l’écart de Volodymyr Zelensky lors d’un sommet en Turquie, dans un contexte où l’Ukraine fait face à une offensive russe renouvelée, est une insulte. Pendant ce temps, l’OTAN tergiverse, les États-Unis bloquent l’usage de missiles pour frapper les bases russes d’où viennent les bombes, et l’Europe regarde. Zelensky devient l’homme que l’on remercie poliment tout en le laissant tomber. Une tragédie annoncée, et un désaveu pour ceux qui croyaient encore en la solidarité occidentale.
Conclusion : cesser d’être naïfs
Il est temps que les Européens, et plus largement les alliés traditionnels des États-Unis, comprennent que l’idéologie de la liberté américaine n’est pas la nôtre. Elle masque trop souvent une volonté de contrôle, une asymétrie profonde dans les relations internationales, et un mépris latent pour les souverainetés autres que la leur. Le réveil est douloureux, mais nécessaire. L’humiliation de l’Ukraine est peut-être le choc qui nous pousse enfin à regarder la réalité en face.