Face à l’Union européenne, une offensive idéologique venue d’outre-Atlantique se précise : soutien affiché aux extrêmes droites, remise en cause de l’ordre multilatéral, et désinformation historique. Elon Musk et l’entourage de Donald Trump, dans une convergence troublante avec les régimes autoritaires de Poutine et Xi, semblent vouloir affaiblir l’Europe pour mieux imposer leur vision du monde.
Alors que l’Union européenne s’apprête à renouveler son Parlement dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, une offensive plus discrète mais redoutablement efficace se joue sur un autre front : celui de la propagande populiste transatlantique.
Depuis plusieurs mois, des figures influentes de la droite américaine comme JD Vance – bras droit de Donald Trump – et le milliardaire Elon Musk multiplient les signaux de soutien envers des partis d’extrême droite en Europe : AfD en Allemagne, Fratelli d’Italia en Italie, FIDESZ en Hongrie, ou encore les gouvernements autoritaires de Slovaquie et de Serbie.
Derrière ces gestes en apparence isolés, se dessine une stratégie politique cohérente : affaiblir l’Union européenne de l’intérieur, soutenir les forces nationalistes qui veulent en saboter le fonctionnement, et déployer un récit qui fait de Bruxelles l’ennemi des peuples.
Un objectif qui fait étrangement écho à ceux de Vladimir Poutine et de Xi Jinping : diviser l’Europe, fragmenter ses institutions, et neutraliser sa capacité à faire contrepoids aux grandes puissances.
Plus surprenant encore, cette croisade contre l’Europe trouve un relai inattendu dans l’univers technologique et spatial, avec un Elon Musk dont les ambitions planétaires ne semblent plus s’accommoder des règles du jeu démocratique.
Une stratégie transatlantique contre l’UE
Depuis 2024, les déclarations d’Elon Musk et de JD Vance à l’égard des partis d’extrême droite européens sont devenues de plus en plus explicites. Musk a notamment apporté son soutien à l’AfD en Allemagne, au FIDESZ en Hongrie, aux Fratelli d’Italia en Italie, au Smer de Fico en Slovaquie et au SNS de Vučić en Serbie. JD Vance, quant à lui, a rencontré les dirigeants de l’AfD et prôné une coopération entre les droites radicales européennes et américaines.
Ce soutien s’inscrit dans une logique de fragmentation du bloc européen. Les cibles sont claires : affaiblir la régulation européenne, briser la solidarité continentale, et favoriser des régimes nationalistes plus enclins à coopérer avec des intérêts américains unilatéraux ou des puissances comme la Russie.
Un alignement avec les objectifs de Poutine et Xi
Vladimir Poutine cherche de longue date à diviser l’Europe pour mieux imposer son influence à l’Est. Xi Jinping, plus subtilement, privilégie un dialogue bilatéral avec chaque pays européen pour limiter l’effet de masse de l’UE. En affaiblissant les institutions européennes, les populismes transatlantiques servent donc indirectement des intérêts géopolitiques non démocratiques. Elon Musk, en soutenant cette dynamique, agit comme un catalyseur de cette fragmentation.
Musk, agent d’un capitalisme souverain
Plus qu’un idéologue, Musk apparaît comme un acteur pragmatique. Sa conquête de l’espace, ses ambitions d’indépendance technologique, son projet de colonisation martienne supposent une réduction des contraintes étatiques et multilatérales. En soutenant les droites extrêmes et en attaquant l’UE, il défend des conditions favorables à l’expansion de son empire technologique. L’Europe, par ses normes, ses réglementations sur les données, l’environnement, ou la concurrence, constitue un obstacle sérieux à ce modèle.
Une contre-vérité historique flagrante
Donald Trump a déclaré en 2018 que « l’Union européenne a été fondée pour battre les États-Unis sur le commerce ». Cette affirmation est non seulement inexacte, mais inverse la réalité historique.
Après 1945, les États-Unis ont été les premiers artisans de la construction européenne : le Plan Marshall, le soutien à la CECA puis à la CEE, la réconciliation franco-allemande… Tout cela visait à stabiliser l’Europe, contenir l’URSS et créer un marché compatible avec le capitalisme libéral. L’UE n’est pas née contre les États-Unis, mais avec leur appui.
Conclusion
Le soutien américain aux extrêmes droites européennes, s’il se confirme, ne peut être lu comme un simple jeu d’alliances idéologiques. Il s’agit d’une offensive stratégique contre l’unité et la puissance normative de l’Union européenne. Lutter contre ce mouvement suppose de rappeler l’histoire, de dénoncer les manipulations, et de réaffirmer les fondements d’un projet européen fondé sur la paix, la démocratie et l’intérêt commun.