OTAN, Pacte de Varsovie et le mythe de l’encerclement : remettre les pendules à l’heure

Comment ne pas être en colère face aux discours flous, biaisés ou aveugles que relaient certains journalistes, éditorialistes ou diplomates à la retraite ? L’OTAN est trop souvent présentée comme une entité belliqueuse, impérialiste, voire coloniale, comparable au Pacte de Varsovie. Ce parallèle est non seulement faux, mais dangereux : il alimente la propagande russe et empêche de comprendre la vraie nature de la sécurité européenne.

OTAN vs Pacte de Varsovie : l’union démocratique contre l’unité forcée

Parler de « l’Otan veut s’élargir », « l’Otan provoque la Russie », ou « l’Otan encercle Moscou », c’est oublier la nature même de cette alliance. L’OTAN n’est pas un pays, ni une puissance centralisée. Elle ne possède ni capitale unique, ni gouvernement, ni armée supranationale. Elle est une organisation intergouvernementale fondée sur le principe de la défense mutuelle entre pays souverains.

Contrairement au Pacte de Varsovie, dirigé de façon autoritaire par Moscou et imposé à des pays satellites sans consultation ni possibilité de retrait, l’OTAN n’impose rien. Les pays y adhèrent librement, parfois au terme de processus démocratiques longs et complexes. La France s’est même retirée du commandement intégré pendant plusieurs décennies sans jamais être inquiétée.

L’OTAN n’impose aucun alignement idéologique. Chaque pays membre reste libre de ses choix politiques : les États-Unis ont failli s’en désengager sous Trump, tandis que la Hongrie, pourtant membre, adopte des positions largement russophiles. Cette diversité reflète ce que la Russie ne peut concevoir : une alliance entre démocraties, donc changeante, imparfaite, mais fondée sur des valeurs partagées.

Enfin, l’OTAN n’a jamais eu pour but de conquérir qui que ce soit. Elle est née pour dissuader, non pour envahir. Ce sont les pays de l’Est — Pologne, États baltes, Roumanie, etc. — qui ont demandé à la rejoindre, précisément parce qu’ils connaissaient le prix de la tutelle soviétique.

L’OTAN ne menace pas la Russie. Ce sont les aspirations démocratiques de ses voisins qui menacent le modèle autoritaire de Poutine. Et c’est cela qu’il ne supporte pas.

Résumé : L’OTAN n’est pas un empire. C’est une alliance de nations libres, fondée sur le consentement, la souveraineté et la démocratie. Elle n’impose rien. À l’inverse, le Pacte de Varsovie interdisait la sortie et imposait l’alignement idéologique par la force. Confondre les deux, c’est trahir l’histoire.

Le canal des illusions

Il faudrait peut-être creuser un immense canal reliant la mer Baltique à la Méditerranée, noyant au passage la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, les États baltes et tous les anciens membres du Pacte de Varsovie. Peut-être alors, Vladimir Poutine cesserait-il de parler d’encerclement.

Mais non. Même sans ces pays, ses sous-marins croiseraient toujours en mer de Norvège. Ses hackers seraient encore actifs à Saint-Pétersbourg. Ses chaînes d’influence continueraient de répandre leurs récits dans les partis extrêmes européens. Car ce que redoute le Kremlin n’est pas la proximité géographique, mais la proximité idéologique : une presse libre, des élections crédibles, une société ouverte.

L’ennemi n’est pas l’OTAN. L’ennemi, c’est la liberté de choisir sans passer par Moscou. Et pour cela, aucun canal ne sera jamais assez profond.