Depuis le retour de Donald Trump à la présidence en 2025, l’Europe observe avec sidération une Amérique plus imprévisible que jamais. L’expression bien connue « avec un ami pareil, pas besoin d’ennemis » résonne cruellement à mesure que les États-Unis renient accords, traités, et engagements passés. Comment faire encore confiance à la parole d’un pays qui signe avec une main… et rature avec l’autre ?
The Art of the Deal : mode d’emploi d’un monde sans règles
En 1987, Donald Trump publie son livre-manifeste *The Art of the Deal*. L’ouvrage n’est pas un traité de stratégie ou d’économie, mais une suite d’enseignements tirés de son expérience dans l’immobilier new-yorkais.
Trump y développe une vision strictement bilatérale, sans loyauté, sans règles fixes. On y apprend que le rapport de force prévaut sur la négociation équilibrée, et que la meilleure stratégie consiste à rompre les accords dès qu’on le peut pour obtenir de meilleures conditions. Cette philosophie a depuis été transposée à… la diplomatie d’un État-nation.
Une géopolitique sans boussole, sinon celle du bénéfice immédiat
| Domaine | Décision de Trump | Conséquence géopolitique |
| Climat | Retrait de l’Accord de Paris (2017), puis abandon des objectifs climatiques (2025) | Isolement diplomatique ; perte de leadership moral |
| Énergie | Slogan « Drill, baby, drill » relancé dès l’investiture de 2025 | Boom des exportations de GNL, pression sur l’Europe, pollution renforcée |
| Diplomatie | Déni de signature de nombreux accords (climat, commerce, défense) | Affaiblissement du droit international et des alliances |
| Défense | Dénigrement public de l’OTAN ; menace de retrait sans contribution accrue des alliés | Crise de confiance au sein des pays européens |
| Commerce | Taxation unilatérale contre l’UE, la Chine, le Brésil… | Instabilité des marchés, contournements stratégiques par les partenaires |
Le gaz : un cas d’école du dealisme trumpien
L’un des symboles de cette logique transactionnelle est la manière dont Trump utilise le gaz naturel liquéfié (GNL) comme arme économique.
De l’ordre multilatéral à la diplomatie du chantage
Mais avec Trump, les accords ne sont plus des fondations stables, mais des leviers provisoires. La signature américaine n’a plus de valeur durable. Elle devient révocable unilatéralement, dès qu’un nouveau président entre en fonction.
Le pragmatisme stratégique remplacé par l’improvisation personnelle
Plusieurs anciens hauts responsables américains ont exprimé leur inquiétude. Même les alliés de Trump, comme Viktor Orbán ou Jair Bolsonaro, adoptent des politiques plus lisibles. Trump, lui, agit selon ses ressentis du moment, en quête de coups médiatiques, plus que d’objectifs rationnels à long terme.
Conclusion : Peut-on encore faire confiance à la signature américaine ?
La question n’est plus idéologique, mais institutionnelle. Quand un traité n’engage qu’un président et que son successeur peut le déchirer sans conséquences, la signature d’un pays perd toute force normative.
Pourquoi la signature d’un traité engage un État (normalement)
Dans le droit international, un traité signé et ratifié a une valeur contraignante, même après un changement de gouvernement. Mais il n’existe pas de « gendarme mondial » pour l’imposer… Et c’est là que réside le problème.
Ruptures majeures d’accords internationaux par Trump
• 2017 : Retrait de l’Accord de Paris sur le climat
• 2018 : Retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA)
• 2019 : Suspension du traité INF (missiles nucléaires de portée intermédiaire)
• 2020 : Retrait de l’OMS en pleine pandémie de Covid-19 (annulé par Biden ensuite)
• 2020 : Réduction drastique des financements à l’ONU et à l’OTAN
• 2025 : Abandon du Green Deal bilatéral avec l’UE
• 2025 : Menaces de retrait unilatéral de l’OTAN sans contributions financières accrues
• 2025 : Suspension de l’accord transpacifique sur les métaux critiques