« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »
Citation souvent attribuée à Albert Einstein
En 2018, Donald Trump lançait une guerre commerciale contre l’Union européenne et la Chine, imposant des taxes sur l’acier, l’aluminium et d’autres produits. Son objectif affiché : réduire le déficit commercial américain, relocaliser la production industrielle, et protéger les emplois. Six ans plus tard, ces objectifs n’ont pas été atteints — ni même approchés. Et pourtant, à son retour au pouvoir, Donald Trump relance une nouvelle salve de droits de douane, avec encore plus de vigueur.
L’échec de 2018 : des coûts sans résultats
Les surtaxes de 2018 ont eu trois effets principaux : elles ont renchéri les produits importés, n’ont pas permis de relocaliser la production aux États-Unis, et n’ont pas réduit le déficit commercial avec l’Union européenne. Au contraire, ce déficit a augmenté dans les années qui ont suivi, notamment en 2022 et 2023, atteignant plus de 300 milliards de dollars. Les consommateurs et entreprises américaines ont absorbé l’essentiel des surcoûts.
2025 : répéter l’erreur, en espérant un miracle
Plutôt que de revoir son approche, Trump relance la même stratégie en 2025. Il propose des hausses tarifaires massives, allant jusqu’à 60 % sur certains produits chinois, et menace de taxer à nouveau les produits européens. Ce retour en force ne s’appuie sur aucune évaluation des échecs précédents. Il s’agit d’une démonstration de force politique, bien plus que d’une politique économique rationnelle.
Évolution des échanges USA–UE (2018–2024)
Le graphique ci-dessous montre l’évolution des importations, des exportations et du déficit commercial américain avec l’Union européenne :

| Année | Importations (Mds $) | Exportations (Mds $) | Déficit (Mds $) |
| 2018 | 486.9 | 319.0 | 167.9 |
| 2019 | 515.0 | 337.0 | 178.0 |
| 2020 | 480.0 | 310.0 | 170.0 |
| 2021 | 550.0 | 350.0 | 200.0 |
| 2022 | 670.0 | 400.0 | 270.0 |
| 2023 | 770.8 | 455.0 | 315.8 |
| 2024 | 605.8 | 450.0 | 155.8 |
Encadré – Conséquences pour l’Europe
L’Union européenne reste vulnérable aux décisions unilatérales américaines. Les industries exportatrices (automobile, aéronautique, agroalimentaire) pourraient souffrir d’un durcissement tarifaire. Mais l’effet réel dépendra surtout de la réaction de l’UE : choisir la désescalade, ou contre-attaquer comme en 2018.
Pourquoi une chute des importations en 2024 ?
La baisse nette des importations américaines en provenance de l’Union européenne observée en 2024 (de 770,8 à 605,8 milliards de dollars) peut s’expliquer par une combinaison de facteurs économiques et politiques :
1. Ralentissement économique américain : la croissance du PIB a ralenti, limitant la demande globale, y compris les biens importés.
2. Fin des plans de relance : les soutiens publics post-Covid ont été retirés, réduisant la consommation des ménages.
3. Anticipation d’un retour de Trump : la menace de nouvelles taxes douanières a conduit à une réorientation partielle des chaînes d’approvisionnement.
4. Baisse des prix de l’énergie : les importations de produits énergétiques européens ont diminué en valeur.
5. Effets de change : un dollar fort rend les produits européens plus abordables, mais ralentit les volumes si la demande faiblit.
Cette baisse semble conjoncturelle plutôt que structurelle, mais elle pourrait s’accentuer si les nouvelles mesures douanières de Trump sont mises en œuvre sans contrepartie.